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3 decembre 2003 Au firmament du succès, Garou enchaîne les rendez-vous, le sourire aux lèvres, à travers Montréal, sa ville où, il y a quelques années encore, il chantait dans les couloirs du métro. Des années de galère qui expliquent en partie pourquoi il na pas pris la grosse tête et a su rester simple et authentique.
Garou revient Le plus illustre des Québécois est de retour avec un nouvel album signé notamment par Jean-Jacques Goldman et Luc Plamondon. Rien ne semble arrêter ce nouveau phénomène sur la route du succès. Lillustré a suivi cet éternel rebelle pendant quarante-huit heures, chez lui, à Montréal. Exclusif. De nos envoyés spéciaux à Montréal: Arnaud Bédat et Claude Gluntz (photos) Cest un éternel rebelle qui semble vivre en permanence de lair du temps. Il paraît toujours aussi insouciant, rigole comme un grand gosse et vous fixe de ces yeux bleus qui font seffondrer des parterres entiers de midinettes. Sa voiture fonce dans les rues de Montréal. Tout semble si beau, si simple, si facile. Il tripote son cellulaire, comme on dit ici - comprenez son portable -, et montre fièrement la photo de son «petit trésor», sa fille, Emily, 2 ans et demi, qui sourit en fond décran. «Elle est pas mimi, hein?» lance-t-il de son inimitable voix éraillée. Garou est de retour. De retour à la maison. Après quelques infidélités à son Québec natal, lex-bossu de Notre-Dame a choisi Montréal pour lancer son dernier disque, le bien nommé Reviens. En fait, son deuxième seulement, après Seul, version studio ou version live, qui a fait un véritable carton: plus de six millions dalbums vendus. A peine sortie, la nouvelle cuvée, mitonnée par Gérard de Palmas, Luc Plamondon et Jean-Jacques Goldman, sarrache déjà. «Succès monstre à lhorizon», pronostique un journaliste de La Presse de Montréal. Garou est un phénomène que rien ne semble arrêter. La «garoumania» déferle le long des rives du fleuve Saint-Laurent. Lenfant du pays, en orbite autour de la Terre, est devenu une vraie star. Adulée, aimée, mais dont le succès, comme celui de Céline, échappe un peu à ses compatriotes. Avec elle, dailleurs, il vient denregistrer un nouveau duo, en anglais, mais on ne sait quand il sera rendu public et même sil sortira un jour: «Cest une chanson sublime», précise Garou, trop content davoir rempilé avec la diva. «Mes racines ont ressurgi sur ce nouvel album. Cest un Garou en évolution. Ce nest pas un album qui répète la même chanson. Cest un voyage à travers plein dunivers», senthousiasme-t-il. «On a laissé la place aux erreurs, à lémotion, ajoute-t-il. Jaime arriver mal préparé, redécouvrir les textes en studio, my accrocher, me tromper. Je ne veux pas perdre la magie de la spontanéité.» Reviens sort simultanément dans une dizaine de pays. En plus du Québec et de lEurope francophone, ce nouvel opus part à la conquête de la Suède, de la Norvège, de la Russie, de la République tchèque, de lEspagne, du Liban mais aussi de la Pologne où Garou déclenche lhystérie à chacune de ses apparitions. «Ça fait drôle de voir les Polonais chanter mes chansons au son, samuse-t-il. Gitan, ils la connaissent par cur, mais je vois bien quil ne disent pas les bons mots!» Quelle est la part de son manager, le légendaire René Angelil dans ce grand retour? «René ouvre des portes de manière exceptionnelle. Au début, avec le premier album, il a cherché un peu à mimposer des trucs. Finalement, après ça, il a compris que Garou est une espèce danimal quil faut laisser aller.» A René, il a su aussi imposer ses copains, ses potes de Sherbrooke, la ville où il est né voilà trente et un ans, avec lesquels il a connu les années de galère. Comme Johnny, Garou a lui aussi sa bande: Hugo est son garde du corps, Francis son directeur de tournée, Dany son saxophoniste. «Jai besoin deux pour mon équilibre, assure-t-il, avec eux je garde les pieds sur terre.» Et il y a bien sûr lincontournable Mario Lefebvre, son manager, son ombre, qui a lil et loreille à tout: «Quand on nest pas ensemble, on sappelle au moins quinze fois par jour! On ne peut pas se passer lun de lautre», dit Garou, qui refuse de se laisser griser par le succès. En fait, il ne se la joue pas, malgré un service de sécurité digne dune rock star lorsquil se déplace en Europe. Souriant, décontracté, totalement dénué de la moindre arrogance, tout paraît inné chez lui. On a limpression que tout ce quil entreprend, il le fait avec une facilité et une énergie déconcertantes. Sans doute létoffe des grands. Comme son compatriote le pilote de F1 Jacques Villeneuve, Garou possède aussi son propre restaurant à Montréal, le Lychee, sur la rue Saint-Laurent. Aux fourneaux, un chef italien qui a donné à chacun de ses plats le titre dune chanson de Garou.
Et le projet de Garou de sétablir en Suisse? Est-il toujours dactualité? «Oui et non, explique-t-il. En fait, je nai pas le temps de chercher. Jai reçu des tas de lettres, des propositions de maisons, des offres spontanées de nounous pour garder ma fille. Je voudrais dire ici merci à tous. Jai visité une maison dans le canton de Vaud qui me plaisait beaucoup. Jen ai parlé à un ami banquier à Genève. Ce qui est drôle, cest quil avait déjà habité cette maison-là et il ma déconseillé de lacheter à cause dun problème dinfiltration deau. Alors, jai remis tout ça à plus tard. Cest toujours une envie de venir habiter en Suisse, mais je ne sais si ça se concrétisera un jour.» Et cest à Genève encore, il y a un peu plus dun an, que Garou a rencontré Stéphanie de Monaco, ex-vedette du Top-50, au moment où sa liaison avec Franco Knie battait de laile. Le National Enquirer lui a même prêté une liaison avec la princesse. Ça lamuse. «Cest une fille bien sympa mais il ny a pas de liaison, entre nous, hein, je démens!» rigole-t-il franchement. Demain, Garou sen revient vers la vieille Europe. On le verra à Star Academy dans une semaine, il passera une journée à Genève le 9 décembre, avant dentreprendre une nouvelle tournée à travers la francophonie. Il va même se payer deux soirs de suite lénorme salle de Bercy - peu sy sont risqués. Et sortir enfin ce fameux album en anglais destiné à lancer sa carrière sur le marché international. René Angelil rêve de voir son protégé devenir le nouveau Sinatra. Et, sur les bords du Saint-Laurent, beaucoup prophétisent quil pourrait bien y parvenir. |