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5 janvier 2004 Son nouvel album «Reviens» sonne le glas définitif de l'époque Quasimodo. On y trouve un Garou encore plus rock et un peu moins «seul». A découvrir.
Garou, rocker aux belles oreilles. Il y a des artistes sur lesquels le succès semble ne pas avoir de prise. Parce qu'ils sont sincères, intenses et, surtout, parce qu'ils savent d'ou ils viennent. Garou fait certainement partie de cette race en voie de perdition dans la mesure ou la médiatisation à outrance a tendance à préfabriquer les icônes de pacotille davantage qu'à construire de véritables stars. Celles dont on ne percoit la vraie lueur qu'avec un certain décalage mais qui brillent plus longtemps. Garou sacrifie toutefois aux règles de la promotion dont son équipe, qui est aussi celle de Céline Dion, et sa maison de disques connaissent tous les rouages. On le voit donc partout, baladant son physique taillé dans le roc, et pour le rock, dans son clip «Reviens» vantant à juste titre son nouvel album éponyme. «Jusqu'à maintenant ma carrière s'est déroulée par périodes de trois ans», nous raconte-t-il avec son très imitable mais savoureux accent québécois. «J'ai d'abord vécu trois années d'incubation quasimodesques suivies d'une période d'adaptation à trois ans de ma carrière solo! (rires). Et là, avec mon nouvel album, qui sait si je ne me lance pas à nouveau dans une aventure qui durera trois ans ?» Trois années se sont effectivement écoulées depuis l'album «Seul», qui a quand même accompagné 2,5 millions de fans même « s'ils n'ont jamais été seuls au moins une fois dans leur vie». Un très joli succès que Garou a voulu récompenser en pensant d'abord à son public francophone pour la livrée de son nouvel opus étant entendu qu'en bon Canadien, natif de Shebrooke dans les Cantons-de-l'Est (si, si) le 26 juin 1972, la langue de Molière le dispute à celle de Shakespeare comme les deux parties jumelles d'un même coeur. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, il a fait appel aux collaborateurs de la première heure, dont l'incontournable Luc Plamondon, qui a joué un rôle décisif dans sa carrière. «Luc, c'est un véritable visionnaire. Je n'arrive pas à comprendre qu'il ait vu à travers moi la détresse de Quasimodo, alors que je chantais la joie de vivre la plus totale dans les bars de Sherbrooke. Ca me dépasse». DE QUELQU'UN D'AUTRE, C'EST CONTINUER A AVANCER On retrouve aussi Didier Barbelivien, Jacques Veneruso, l'auteur de «Sous le vent» chanté en duo avec Céline Dion, qui propose entre autres la plage titre. Comme si cela ne suffisait pas, ce sont des stars des studios et de la scène comme Goldman, De Palmas et le guitariste Gildas Arzel qui apportent leur contribution donnant finalement un son très rock à un album fait pour être joué en live, c'est évident. «La scène, c'est toute ma vie. Je me réjouis de repartir en tournée, qui doit débuter à Montréal au printemps et passer par Paris à l'automne. Elle ne devrait passer chez vous qu'à la fin de l'année voire au début de 2005 parce que comme tous les Québécois, on adore le public belge.» Curieusement, on ne percoit pas l'habituelle condescendance démagogique dans des propos ou l'autre a constamment sa place. Est-ce cette générosité qui l'empêche d'écrire, voire de composer ses propres pièces, lui qui joue de la guitare, du piano, de l'orgue, du saxophone et de la trompette, instrument qu'il lui valut un passage prolongé et volontaire dans... les forces armées canadiennes ? «Présentement, je souhaite surtout voyager dans l'imaginaire des autres, les laisser me recréer plutôt que de parler de mon passé. Chanter leurs chansons, c'est un peu chanter l'avenir parce que découvrir l'univers de quelqu'un d'autre, c'est continuer à avancer.» Garou est le type de chanteur plutot consensuel et c'est clair qu'il ne fait pas franchement dans la «protest song». «Si je suis engagé, c'est dans le bonheur, dans l'amour, dans le gout de vivre et dans ce qui se rapproche le plus d'une certaine authenticité.» Ce n'est pas pour autant qu'il fait dans la guimauve. Si vous ne le croyez pas sur parole, écoutez son album, il en vaut la peine. «Reviens», un CD distribué par Sony Music. © La Libre Belgique 2004 |