19 aout 2004
Garou au journal Le Temps.
Je suis à la découverte dun nouveau public et,
peut-être, dune nouvelle musique

Outre la conférence de presse
tenue à son arrivée à laéroport de Tunis-Carthage, la
vedette canadienne, Garou, a bien voulu accorder à notre journal
une sympatique interview
Le Temps:
Plus tôt dans la journée, je vous ai demandé: "Pourquoi
Carthage? Motivé ou sollicité?". Question à la quelle
vous avez répondu: "très motivé après
sollicitation". Pourrait-on en savoir plus?
Garou: Ça faisait deux ou peut-être trois fois quon
nous le proposait. Cest la première fois quon se
permet de faire une tournée comme ça. Avant ça, on a fait
quand même cinq tournées, mais cétait pas des tournées
dété où on pouvait se permettre de se déplacer à ce
point là. Là, on a programmé une vraie tournée dété,
où on peut bouger, se balader avec un peu moins de matériel
dans des pays, des endroits où on n est jamais allé.
-Cest un peu du tourisme quelque part?
-Oui, quelque part... on est en vacances!
- La différence rythmique de votre dernier album,
vous lexpliquez comment?
- Cest un retour aux sources, cest
encore plus près de moi que le premier album. Mais le premier
album était ce que "Notre dame de Paris" mavait
ouvert. Cest vrai que cétait la suite logique. Et
celui-là est la suite logique qui revient (on remarquera le jeu
de mots) à ce que je faisais avant. Sur lalbum de
"Reviens",on retrouve davantage mes inspirations.
- Considérez vous un de vos titres comme plus
autobiographique quun autre?
- (Sans hésiter) Sur le premier album, je dirais
"Gitan" parce que jai beaucoup collaboré avec
Luc Plamandon sur lécriture du texte, je leur disais non
à ça , à ça. Pour moi , "Gitan" est très
autobiographique. Maintenant, sur le nouvel album, elles sont
toutes très près de moi mais, y en a pas une qui explique en
général ce que je suis.
- Pourtant, on dit que vous avez beaucoup collaboré
à lélaboration de cet album!
- Oui, cest des chansons avec des sujets qui
me tiennent à coeur mais qui ne parlent pas de moi.
- Les grands noms de la musique, disent souvent vos
amis. Peut-on aussi y voir des références?
- Je chantais déjà Luc Plamandon, je chantais
déjà J.J. Goldman, jétais déjà très fan de G. de
Palmas, et cest vrai que ça a été comme une rencontre didôle
la première fois, mais cest vite devenu très humain comme
relation.
- Vous décrivez "Notre dame de Paris",
comme un "bel accident", pourquoi? Comment a commencé
laventure?
Ben, je me serais jamais pointé à laudition
(petit rire), cest Luc Plamandon qui, en me voyant dans un
bar, a pensé à moi pour faire Quasimodo. Déjà, cest pas
un très grand compliment,... un bossu. Je me suis quand même
regardé dans la glace trois ou quatre fois avec effraiement. Cest
surtout que ce que je chantais, cétait de la soul musique,
the rock, mais très positif. Javais la banane, je chantais
dans les bars, jamusais tout le monde. On ma toujours
dit que jétais pas autant un chanteur quun
entrataner, et cest ce que je faisais. Je pouvais pas
comprendre que Luc Plamandon me voyait dans un rôle dramatique
comme celui de Quasimodo.
- Ça viendrait de ta voix rauque?
- Oui forcément, y avait lidentité de la
voix. Bon, fallait quand même quelquun qui savait jouer
parce que je ne savais même pas!
- La musique orientale, se voulant de plus en plus
un phénomène de société, vous y intéréssez-vous? A linstar
de Patrick Bruel et de tant dautres, inclueriez-vous ces
timbres dans vos chansons ( celà diffère du rock, base de votre
éducation musicale)?
- Jen ai parlé, y a pas longtemps, jétais
avec Félix qui a dailleurs fait la chanson "Le café
des délices" pour Patrick Bruel, et avec Félix on sest
bien lié damitié. Là, il est au Québec, parce quil
y fait sa comédie musicale qui sappelle "Don
Juan". Et il y a deux semaines, on parlait musique, et on
parlait beacoup de ça, de musique arabe, parce que cest
une culture quon na pas en Amérique. Alors jaimerais
bien, mais cest une façon de chanter qui est tellement
spéciale. Mais bon, jaimerais bien pouvoir y toucher,
sait-on jamais!... Mais vous savez, vous avez touché à un point
sensible.
- Cest donc un projet?
- Ça pourrait...
- Dans le prochain album?
Le prochain album, cest lalbum en
anglais que je vais terminer au mois de septembre à Los Angeles.
- Il y a donc une ébauche?
- Oui, il est presque terminé.
- Et on pourrait en avoir une idée?
- Il y a beaucoup de saveurs...Cest encore un
album très éclectique où jai eu envie de toucher à
plusieurs styles musicaux... Parce que moi, quand je fais un
album, je le fais pour la scène. Ma carrière ne sera pas une
carrière dalbum, ma mission cest dêtre sur
scène.
Vous envisagez donc la scène avant le tube?
Oui et quand je choisis les chansons, je le fais par
rapport à la scène. Jaime pas les spectacles où on a limpréssion
dentendre la même chanson, cest pourquoi lalbum
contient des chansons un peu disparates et mélangées.
- Paradoxalement pour Quasimodo, vous affirmez ne
pas savoir jouer...
- Attention, sur scène comme entrataner, mais jouer
un personnage comme celui de Casimodo...
- Outre Céline Dion, y a-t-il un
duo que vous aimeriez concrétiser?
- Jai eu beaucoup de chance jusquà
maintenant. Jai chanté pas mal avec mes idôles.
Dernièrement, je disais Dido mais... tous les trois mois, ça
change. En ce moment, je suis bien accro, je voudrais trouver une
voix qui naurait rien à voir avec la mienne, qui serait un
peu linverse de la mienne. Cest pour ça que je dis,
Dido serait un bon élément parce quon a un peu des voix
inverses. Elle, avec une voix très douce, trés calme et moi,
une voix rauque, ça serais très beau. Avant, je me souviens
quand je suis arrivé en France, je me disais: il faut que je
fasse un duo avec Vanessa Paradis à cause justement de ce
contraste. Ce nest jamais arrivé encore, mais Dido, jaimerais
bien...
Amira BOUROUROU.