5 janvier 2004

20 aout 2004

Garou éclatant de sincérité

Pour sa première prestation en Tunisie, au Festival international de Carthage, la rencontre de Garou avec le public tunisien était sous le signe de la découverte, mais inégalement inédite. Car autant le public connaissait sa star, pour laquelle il s'est déplacé, autant Garou exprimait émoi, étonnement, enthousiasme face à ce nouveau public qu'il découvrait et qui l'a, de toute évidence, conquis, émotion et découverte échange étaient de mise lors de cette soirée.



Historique également, à l'instar des illustres noms qui se sont produits dans l'enceinte de ce prestigieux amphithéâtre. L'apogée du concert n'a pu contenir les pas de danse de son excellence, Monsieur l'ambassadeur du Canada en Tunisie.

La soirée était à l'image de son invité. Sincère et éclatante. Sincère par les hommages de Garou qui évoque le dîner de la veille à la résidence de l'ambassade du Canada et l'accueil qui lui a été réservé en Tunisie par le ministère de la Culture. Il n'oublie personne. Ses proches, comme son père qui lui offre à trois ans sa première guitare.

Les personnes qui ont compté dans sa carrière et qui l'ont propulsé vers la renommée mondiale. Luc Plamondon en fait sans conteste partie et Garou n'a pu se retenir de rendosser le personnage de « Quasimodo » pour reprendre le fameux tube de « Notre-Dame de Paris ». René Angeli, le mari de Céline Dion le prendra sous son aile. Cette collaboration produira en novembre 2000 son premier album solo « Seul ».

C'est dire, qu'en un laps de temps record, le jeune Pierre Garand, alias Garou, surnom attribué par ses amis pour son viscéral amour pour la vie nocturne, a fait un parcours éclatant. Pour cause sa voix. Cette voix rauque qui a usé tout son potentiel vocal pour faire vibrer Carthage sur plusieurs styles de rythmes rock, jazzy salsa.

Une panoplie de chansons interprétées avec des morceaux de son dernier album « Reviens » comme : « pour l'amour d'une femme », « Hemingway », « Où te caches-tu »... auquel des noms prestigieux ont contribué, à savoir l'incontournable Luc Plamondon, Jacques Veneruso, Didier Barbelivien, Romano Musumarra sans oublier le célèbre Jean-Jacques Goldman, Gérard De Palmas...L'hommage à Ray Charles était inévitable tant la voix s'apprêtait à cette reprise de l'incomparable « Georgia ».

Choukren, Asslama, Labbas les sésames du public
Ces sésames, prononcés comme un leitmotiv par l'artiste, ouvraient la porte à toute conquête du public de Carthage. Mais l'intonation était particulière ce soir là, tant l'attribut qui les accompagnait, le sourire franc de Garou était saisissant. Des dialogues répétés avec le public créaient une forte complicité. L'intermède sur « les filles » et sa mission de recherche sur leur « complexité » a été apprécié par la gent masculine présente, et les paroles de la chanson, au fur et à mesure réfutées ou confirmées par les filles et femmes présentes. Harmonieuse complicité. C'est à se demander comment un artiste qui vient d'un pays nordique aussi froid, concentre autant de chaleur des pays du Sud.
Faten AOUADI