March 12, 2003

Le loup Garou, une bête de scène
Neuchâtel: le Québécois vient enflammer la patinoire.
Garou, une voix, une présence

«J’ai envie de m’ouvrir, de ‘m’étriper’ et de donner tout ce que je peux à chaque fois, de rendre les gens heureux». A voir son planning, on croira volontiers Garou (cité sur son site internet): en 2001 et 2002, l’irrésistible Québécois a écumé les scènes de sa Belle Province et celles d’Europe, dans le sillage de «Seul», son premier album solo. Engrangés pendant ces tournées, deux albums «live» («Seul... avec vous» et «Live à Bercy») laissent aujourd’hui la place à une minitournée en France, en Belgique, en Pologne et en Suisse, juste avant le lancement, en mai, de son premier album en anglais. Pas de doute, Garou aime vraiment ça, la scène: demain vendredi à la patinoire du Littoral, il partagera son enthousiasme avec le public neuchâtelois.

Coups de pouce
Les bonnes fées, elles ont notamment pour nom Luc Plamondon, René Angélil, n’ont certes pas manqué sur le parcours de Garou. Mais, contrairement à d’autres, ce grand gaillard sympathique n’est pas le produit d’un simple coup de baguette magique. Avant d’exploser dans le rôle du bossu de «Notre-Dame de Paris», c’est à l’ombre des projecteurs qu’il a, modestement et sans rien brusquer, gravi ses échelons. Et depuis tout petit déjà, puisqu’il reçoit sa première guitare à l’âge de trois ans! Il faut dire que, chez les Garand (son vrai patronyme), on pousse la chansonnette à chaque réunion de famille...
   C’est donc en tant que guitariste dans un groupe que, jeune ado, Garou effectue ses premiers pas sur scène; puis il mesurera l’impact de sa voix sur les copains réunis autour d’un feu de camp, ou sur les passants, à la sortie des bars de Sherbrooke, sa cité natale. Poussé sur la scène d’un bar par une amie – elle disparaîtra tragiquement; dédiée à la souffrance des femmes, la chanson «La moitié du ciel» lui rend indirectement hommage –, Garou est embauché sur le champ. Il se taille un répertoire dans la soul et le rock’n’blues, une musique faite pour sa voix éraillée et puissante, acquiert petit à petit une renommée locale.
   En 1997, camouflé derrière les lunettes noires de Luc Plamondon, le destin se manifeste une nouvelle fois: le chanteur qui, à cette époque, électrise les foules avec The Untouchables, un groupe composé de cuivres, selon son cœur, est invité à auditionner. En Garou, l’auteur de «Notre-Dame de Paris» a trouvé son Quasimodo. «Je n’arrive toujours pas à comprendre qu’il ait vu à travers moi la détresse d’un Quasimodo, alors que je chantais la joie de vivre la plus totale».

Clés en main

En route pour trois années de «Belle» vie... Succès, notoriété. La machine pourrait s’emballer, mais Garou préfère examiner les propositions avec circonspection. La récompense du destin ne tarde pas. Céline Dion s’accorde une pause, que va devenir son équipe, l’une des meilleures de la planète? Et si on la confiait à Garou, suggère René Angélil, le mari et producteur de la chanteuse. Top-là, c’est vendu. Un bonheur ne venant jamais seul, Garou se voit offrir son premier album solo clés en main, dont Luc Plamondon, encore lui, signe une bonne partie des paroles. «Je n’ai pas de chansons réellement engagées, à la ‘protest song’. Je suis engagé dans le bonheur, dans l’amour, dans le goût de vivre et dans l’authenticité», commentera l’interprète. Qui a pris néanmoins le risque d’endosser un rôle de composition dans «Criminel», une chanson sujette à controverse qui évoque les attirances pour les toutes jeunes filles. «Faut être conscient de ce qui est mal pour comprendre le bien. ‘Criminel’ propose un questionnement. A chacun d’y répondre».

Dominique Bosshard


Neuchâtel, patinoire du Littoral, vendredi 14 mars, 20h30.
Des places sont encore disponibles aux caisses (dès 18h).