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18 decembre 203 "Je suis encore fou, mais je fais plus attention!"
On l'attendait avec un album en anglais, le Québécois surprend avec Reviens, un disque tout en français, aussi musclé que ses prestations scéniques. Spontanéité. C'est l'un des mots qui qualifient le mieux Garou. De ses bises chaleureuses à ses mimiques enfantines et enthousiastes lorsqu'on évoque la couleur beaucoup plus rock et plus blues de son nouvel album, en passant par sa façon de chanter et de collaborer avec d'autres artistes, comme Jean-Jacques Goldman qui lui a concocté deux titres. "Je m'attendais, en studio, à plus de rigueur, à une espèce de professeur. Il ne m'a donné que simplicité. C'était extraordinaire. Parfois, au bout d'une seule prise de son, il était satisfait. J'étais frustré parce que je n'avais qu'une envie: chanter et rechanter ses chansons qui me plaisaient tant." Le Garou de la scène aurait-il pris le pas sur le Garou plus pop du premier album? Il l'a inspiré en tout cas. Les créateurs de Seul n'avaient que Notre-Dame de Paris comme référence, alors que pour Reviens, tous ceux qui y ont collaboré sont venus me voir sur scène, là où je suis en liberté. Ils ont su alors comment me charmer avec leurs chansons. Cet album passe du blues au gospel, de la ballade au rock électrique. Si vous ne deviez choisir qu'un style, lequel vous ressemblerait le plus? Je n'y arriverais pas, car j'ai besoin d'aller dans toutes les directions. Cela dit, un album de swing m'irait bien, je crois. Mais un seul, parce que, sinon, je m'ennuierais du folk, du blues, du rock. Vous avez souhaité un deuxième album plus électrique, pourtant vous avez conservé quelques titres de la même facture que Seul. Avez-vous eu peur de perdre votre public? Je me serais senti irrespectueux de partir dans une direction totalement opposée à Seul. Faire un changement drastique, cela aurait été facile, mais l'important est que le public qui croit en Garou fasse cette évolution avec moi. Le disque a été concocté en grande partie par les "Quatre types" de Céline Dion (Jean-Jaques Goldman, Erick Benzi, Jacques Veneruso et Gildas Adler). Est-ce une coïncidence lorsque l'on sait que vous êtes produit par René Angelil? C'était une association assez évidente, car j'avais déjà travaillé avec Jacques et Erick, tandis que Jean-Jacques m'a toujours encouragé. Mais j'ai tout de même eu peur que l'équipe de René leur promette un certain nombre de chansons sur l'album, alors j'ai été catégorique: la qualité des chansons choisies devait primer sur la notoriété de leur auteur. Vous jouez beaucoup avec votre voix. Ces exercices de style ne masquent-ils pas des arrangements trop basiques? J'avais besoin de ce retour aux racines, d'avoir l'impression qu'on peut éviter les amalgames de nouveaux sons. Je ne le ferai pas toujours, mais cela m'a fait du bien. Quant à l'ouverture vocale, c'est un bonheur. Cela me donne d'autres vibrations et je me suis amusé avec les notes basses, alors que l'on nous fait chanter de plus en plus haut. Même s'il a été retardé à l'an prochain, votre album en anglais est presque terminé. Est-ce Mutt Lang (ndlr: le mari de Shanya Twain et grand producteur de rock) qui s'en est occupé? Non, mais c'est un rêve pour le futur (rires) et le second serait de réaliser cet album chez lui, en Suisse. Allez-vous écrire ou composer un jour? Sûrement. A 14 ans, je vous aurais répondu que j'allais créer des chansons bien avant d'en interpréter et, bizarrement, je n'ai plus le goût à ça maintenant. Mais je sais que cela reviendra un jour. D'ailleurs, j'avais mis deux de mes chansons parmi les cent que j'avais à trier (rires) mais je ne les ai pas retenues. Vous n'avez qu'une envie: rendre les gens heureux. Mais vous, êtes-vous heureux? Oui, car j'ai reçu bien au-delà de ce que je rêvais d'avoir. La seule chose qui me rende malheureux est de n'avoir pas plus de temps pour Emelie, ma fille. La paternité vous a-t-elle changé? Oui. Je suis plus calculé dans mes risques, moi qui les aime tant. Je suis encore fou, mais je fais plus attention. Et musicalement? Il n'y a pas de différences. Je ne suis pas du genre à mettre des chansons pour ma fille sur mes disques. Je garde ça pour la maison, même si je n'ai pas une voix pour les berceuses (rires). Je fais la distinction, car je veux être un père normal, bien que souvent absent. Je voudrais qu'elle n'ait aucune idée de ce que je fais le plus longtemps possible. Elle sait que je chante, elle me voit à la télé, mais ça me fait peur et je n'ai pas hâte qu'elle comprenne ce que signifie ma célébrité. Propos recueillis par isabelle.rovero@tv8.ch |