Le samedi 22 novembre 2003

Le samedi 22 novembre 2003

Garou n'a pas le profil type de la vedette un peu oubliée à qui l'on consacre généralement une musicographie. Il s'est néanmoins prêté au jeu. Sa musicographie sera présentée à MusiMax le 23 novembre, à 20h.

Photo : PC

Musicographie 

Garou en toute légèreté

Alexandre Vigneault

La Presse

Garou a été sacré star longtemps avant la sortie de son premier album. Notre-Dame de Paris l'a lancé, Seul l'a mis en orbite. Recordman au chapitre des ventes pour un premier disque et champion de la scène (il a rempli Bercy trois fois de suite), le voilà riche (on le suppose) et célèbre (impossible d'en douter). Doit-on vraiment s'étonner qu'il fasse déjà l'objet d'une musicographie?

Un peu. La formule n'a-t-elle pas été inventée pour parler des vieux artistes un peu oubliés? Garou lui-même a haussé un sourcil en recevant la proposition: «Est-ce que ça veut dire que je suis déjà un has been?» Il raconte ça en riant. Son deuxième disque paraît dans quelques jours, sa carrière ne fait que commencer.

De l'enfance de Pierre Garand à la naissance de Garou, l'émission montre la place qu'a toujours occupée la musique dans la vie de l'interprète. Sa première guitare, ses premiers concerts avec son groupe Windows & Doors, son premier spectacle au Liquor Store, le parcours cent fois lu dans les journaux raconté ici par ses parents, ses amis (l'un d'entre eux, Dominic Nadeau, travaille à une biographie officielle) et même des extraits de films maison. Ensuite, ça déboule: Plamondon, Paris, Céline et René, Sony, Seul et la gloire.

Intimité préservée

Garou, plutôt discret en ce qui concerne sa vie privée, trouve que la musicographie respecte son intimité. «L'émission n'entre pas dans le très privé», convient-il. La narration a beau être un brin dramatique, le ton du document est généralement à l'image de l'interprète: chaleureux, simple, drôle. Même lorsque Garou parle du terrible accident en Ferrari dont il s'est tiré indemne. «Je suis surpris de me voir rire de ça, admet-il. Je ne trouvais pas ça très drôle quand ça c'est passé.»

Une musicographie typique se décline en quatre segments narratifs: les débuts difficiles, la vie des gens riches et célèbres, la descente aux enfers et la rédemption. En se creusant les méninges, les artisans du document biographique ont trouvé le moyen de ne pas déroger à la recette: l'émission s'attarde en effet à la controverse suscitée par la chanson Criminel, au décès tragique d'une amie de Garou et au désarroi qui l'a pris au lendemain de Notre-Dame de Paris. Encore agent libre à l'époque, le chanteur était une proie de choix pour quiconque rêvait de faire un bon coup. Fin du segment dramatique.

En somme, la musicographie propose une incursion pas trop indiscrète dans l'intimité d'un gars sympathique et talentueux qui savoure sa chance. «Ce métier-là, je ne le fais pas pour me compliquer la vie, assure Garou. Le déclic a eu lieu la première fois que j'ai chanté devant un public qui ne me connaissait pas et que j'ai senti que je pouvais faire du bien au monde. Encore aujourd'hui, c'est ça, ma motivation.»

La musicographie de Garou sera présentée à MusiMax le 23 novembre à 20h. La veille, l'émission Made in France (17h30) raconte l'enregistrement de l'album Reviens, à paraître le 25 novembre.