Francos
26 juillet 2004
Garou
aux Francofolies de Spa: elles n'attendaient que lui
© PIRARD
De 7 a 77 ans: Garou, le Tintin de la chanson
SPA Cinq jours que ca dure et la ville ne desemplit pas. Sur
les terrasses, aux Thermes, au Parc de 7 Heures (particulierement
bonde), la foule se presse, compacte parfois. On vient aux
Francofolies pour ecouter de la musique, oui, mais pas seulement.
On y prend aussi du bon temps, on tente des experiences
culinaires d'un genre nouveau, on deambule, une glace a main. Ou
une biere, c'est selon.
Et puis, sur le coup de 19 heures, on s'achemine doucement vers
la place de l'Hotel-de-Ville ou, en debut de nuit, on applaudira
la tete d'affiche. On comprend mieux pourquoi c'est si difficile
d'assurer les premieres parties. Le public moyennement interesse,
qui etouffe un baillement en regardant sa montre, Manou Gallo a
eu a l'affronter samedi soir. Pourtant, elle en mettait de
l'energie, a tenter de faire bouger des spectateurs colles au sol
? la superglu. Elle et le Djiboe meritaient vraiment mieux que
des applaudissements clairsemes.
Vieux briscard pourtant habitue des planches, Philippe
Lafontaine, qui lui succedait, a lui aussi eu un peu de mal a
faire decoller les semelles et s'agiter les bras. Pariant sur les
chansons de son dernier album, il a, comme de tout temps, touche
au coeur (de loup) en offrant au public ses classiques. A
la nuit tombante, enfin, le coeur de Spa se mettait a battre.
Heureux et soulage sont les qualificatifs qui le
definissaient, parait-il, apres sa prestation.
Le temps d'un verre, d'une petite papote, d'un debriefing; le
temps que la place se remplisse pour de bon (le concert etait sold
out) et un G majuscule apparait sur un ecran forcement geant.
Des cris fusent, des larmes de bonheur coulent sur les joues des
fans collees aux barrieres. Une Priere indienne s'eleve.
Garou fait son entree en scene. Jeans et chemise noire, ce grand
echalas de Quebecois met le public dans sa poche en moins de
temps qu'il ne faut pour le chanter. Un «bonsoir »
teinte d'une jolie pointe d'accent et le voila Gitan,
arpentant la salle de droite a gauche pour decocher des sourires
a toutes ses femmes. Comme prevu, c'est son album Reviens
qui sert de fil rouge a ce concert 100.000 volts, dont il extrait
ensuite un Passe ta route particulierement reussi et un Aveu
qui fait fondre encore un peu plus les coeurs des filles.
Histoire de ne pas tomber dans le piege des briquets qui
s'allument et des sentiments a la grosse louche, il reprend
ensuite Joe Cocker (avec la voix qu'il a, il peut se le
permettre) et offre un tres sexy You can leave your head on
qui rappellera a certains quelques scenes torrides de 9
semaines.
Heureux d'etre la, Garou l'est, c'est sur. Chez lui, meme le
discours un peu convenu sur la beaute de la region et la chaleur
du public passe bien. S'il joue, il joue tellement bien qu'on y
croit.
Pour l'amour d'une femme et Les filles le ramenent une
fois encore a parler du beau sexe, qui donne de la voix et lui
chante tout son refrain. Ce qui le ravit, ? en juger par la
taille de la banane qu'il affiche en grattant sa guitare. Je
n'attendais que vous, les yeux dans les yeux avec la foule le
fait pas mal aussi. Et le tubissime Belle qui vient juste
derriere acheve de convaincre meme les plus sceptiques: ce mec
degage une sympathie et une joie de vivre qu'on n'avait pas vues
depuis longtemps. Qu'il s'empare d'une camera pour filmer le
public ou qu'il accueille une fillette pour chanter en duo avec
lui Sous le vent, la spontaneite affleure.
Histoire de se faire plaisir, il reprend l'air mythique des Blues
Brothers, Everybody need somebody... Jusqu'au fond de la
place, jusqu'aux bars generalement squattes par de petits groupes
qui discutent, tout le monde danse! En rappel, c'est logique, il
nous chante Reviens. Hemingway et L'aveu concluent
un show genereux, chaleureux et pro de bout en bout. A revoir le
3/09 au Wex, le 4/09 a Jodoigne et les 22 et 23 octobre a Forest
National.
Isabelle Monnart
© La Derniere
Heure 2004
