Service vie, December 11, 2000
11 decembre 2000
Rencontre
Semaine du 11 décembre 2000

Garou
«Le
scotch éveille mes papilles...»
Son premier album solo, Seul, a fait l'unanimité
et les chiffres de vente ne cessent de grimper. Garou, le
désormais célèbre Quasimodo de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, de Luc Plamondon et
Richard Cocciante, a même été surnommé «le prochain
Depardieu» et, en Europe, les offres de cinéma affluent! Dire
qu'il y a à peine deux ans, Garou faisait la pluie et le beau
temps dans les petits bars de Sherbrooke!
Sa marque de commerce? Sa générosité, ses yeux bleus délavés
et sa voix éraillée, rauque, puissante! Une voix qu'il
entretient sans doute au scotch et à la cigarette. Il sourit
«Tu sais un jour, pendant les répétitions de Notre-Dame de
Paris, j'ai fait une laryngite, et j'ai vu l'un des plus
grands spécialistes à Paris. Il m'a fait trois recommandations
: prendre les médicaments qu'il venait de me prescrire, porter
une écharpe en tout temps autour du cou, et surtout, ne pas
arrêter de fumer
pour garder la texture de ma voix! Alors
je l'écoute depuis ce temps, ajoute-t-il dans un sonore éclat
de rire.»
Ces bons vieux scotchs...
Garou est un grand amateur de scotch depuis quelques années.
«Je crois que c'est le premier alcool que j'ai bu en entrant
dans un bar
Depuis ce temps, j'en ai goûté de toutes
sortes et je suis devenu un amateur. J'aime le scotch par goût,
pour le plaisir de le goûter, de le déguster. Je ne suis pas un
grand buveur de vin ou de bière, mais le scotch éveille mes
papilles et les stimule. » Bien sûr, comme tout bon amateur, il
a ses marques préférées. «J'aime le Glenmorangie, 18 ans d'âge. C'est un
scotch à son meilleur lorsqu'il a atteint sa 18e année, et il
a, entre autres, un bon goût de bois et une fameuse odeur. C'est
mon préféré! Le Macallan est pas mal aussi, c'est ma petite
douceur. C'est un scotch plus doux, pas tant dans sa force que
dans son arôme. Bien sûr, j'en ai testé quelques autres, comme
le Oban, mais je reviens toujours à mes bons vieux scotchs.»
«En France, le scotch est beaucoup moins cher qu'ici mais
lorsqu'on va dans les bars, on nous propose toujours du JB
que je n'aime pas. À certains endroits, heureusement, je peux me
dénicher un Glenfiddich, un bon scotch à déguster entre
amis.»
«Il y a un petit drink que j'aimais bien siroter à l'époque
où je jouais dans les bars, c'était un "godfather",
un mélange de scotch et d'Amaretto. Délicieux, ce petit
mélange de fort avec un alcool plus sucré!» À Montréal, il
aime bien le Whisky Café où l'on propose une carte
impressionnante de scotchs et whiskys. «Je me souviens avoir
goûté un vieux Macallan et à la première gorgée j'ai
complètement allumé! Quel plaisir que de goûter un scotch qui
a bien vieilli
»
avec un bon cigare?
Quoi de mieux, pour accompagner un scotch, qu'un bon cigare! «Tu
sais, quand on est jeune, on essaie plein de choses. J'ai même
déjà fumé la pipe, lance Garou en souriant. Mais c'est le
cigare que j'ai préféré. Depuis quatre ans, je fais de belles
découvertes. J'ai mon humidoir à la maison et j'y garde de bons
cigares. Mon cigare préféré est le Partagas 8-9-8. Les
chiffres sont associés au format, à la longueur, à la forme et
à la grosseur. Le Partagas 8-9-8 est un cigare moyen, entre les
cigarillos et l'énorme barreau de chaise! C'est un tabac plus
épicé que la moyenne et qui goûte un peu plus fort. Mais
attention, tous les tabacs qui goûtent fort ne sont pas
nécessairement bons
»
Il y a quelques mois, Garou s'est retrouvé chez Girard, à
Genève, le roi des cigares. Monsieur Girard l'a reconnu et l'a
reçu avec tous les honneurs dus à une star! «La célèbre
réputation de chez Girard, c'est lui qui la fait, pas juste ses
cigares. Il est terriblement sympathique. Il m'a sorti un
Partagas short, que je ne connaissais pas. Je l'ai allumé et
j'ai été ébloui. Il est plus court que le Partagas 8-9-8, mais
aussi gros. Il paraît que c'est le cigare du nouveau
millénaire! Je l'ai cru!» Bien sûr, Monsieur Girard lui a
remis sa carte en lui offrant de lui envoyer les cigares de son
choix lorsqu'il le voudrait
et les épices de la cuisine indienne!
À son arrivée à Paris, où il a vécu la dernière année,
Garou avait des habitudes de fast-food. «Mais le fast-food
là-bas n'est pas bon, dit-il en riant. Alors j'ai changé mes
habitudes! Là-bas, on commande du sushi plutôt que du
fast-food. Mais ce sont surtout mes horaires qui ont changé,
puisque tous les soirs j'allais manger vers 1 h du matin, après
le spectacle. Mes papilles ont besoin de beaucoup de stimulation,
alors j'aime les nourritures épicées. Ma préférence va à la
cuisine indienne, mais j'aime aussi la cuisine thaïlandaise et
les sushis.»
Et comment se débrouille notre Garou national dans une cuisine?
«Très mal! J'aime faire le ménage et la vaisselle, mais dans
la cuisine
j'ai les mains pleines de pouces! Il me faut
vite trouver une femme qui fera la cuisine!» Gageons qu'il a
l'embarras du choix
Thérèse Parisien
