17 avril 2004
Garou rocke
le Centre Bell
Très à l'aise
et à l'écoute de ses fans, Garou a offert une prestation qui
avait du tonus aux 6000 personnes venues l'entendre hier soir au
Centre Bell.
Photo Bernard Brault, La Presse
La scène va
bien à Garou. Chaque fois qu'il en a l'occasion, il souligne que
c'est avant tout pour faire des concerts qu'il a choisi de
chanter et que c'est sur les planches qu'il se sent le mieux. Six
mille personnes en ont eu la preuve, hier soir, alors qu'il
effectuait son retour sur scène à Montréal au Théâtre du
Centre Bell.
Très à l'aise et
à l'écoute de ses fans, le polyvalent interprète a offert une
prestation qui avait du tonus et qui réservait au moins une
grosse surprise: un duel de voix rauques avec Éric
Lapointe.Garou avait déjà mis l'amphithéâtre dans sa poche
depuis longtemps lorsque, vers la fin du concert, Lapointe a fait
son entrée sur scène pour interpréter avec lui Ne me parlez
plus d'elle, une «power ballade» tirée de son plus récent
disque, Reviens. Les deux puissants chanteurs ont fait
preuve d'une belle complicité, mêlant habilement leurs voix
rocailleuses. Et le public a apprécié, comme de raison.
Ne brûlons pas d'étapes et revenons en début de spectacle.
Garou a foulé les planches une dizaine de minutes avant 21 h.
L'imposant dispositif scénique érigé pour lui ne laissait
aucun doute sur son statut: le chanteur révélé par Notre-Dame
de Paris joue dans la cour des grands. En plus d'un plateau
à deux niveaux- l'avant-scène pour lui, l'estrade pour ses sept
musiciens et deux choristes-, il a droit à un grand écran
lumineux et à une structure d'éclairages mobiles. Et tout ça
se déplace pendant le spectacle dans une chorégraphie complexe
et, le plus souvent, très efficace.
Même s'il n'a pas complètement délaissé la grande variété
et les ballades, le chanteur a aussi donné un sérieux coup de
gouvernail au plan musical. Garou a privilégié les teintes plus
rock et plus folk-pop de son deuxième album. Comparé à son
spectacle précédent, dont j'avais vu la deuxième mouture au
Théâtre Saint-Denis, cela constitue une nette amélioration.
Cette pop énergique, qui flirte ici avec la power ballade et là
avec le blues ou la chanson française, lui colle mieux à la
peau. Ce n'est pas original, mais c'est efficace.
Garou a lancé la soirée avec Prière indienne, pour
ensuite offrir un de ses tubes, Gitan. Une version très
douce, dans laquelle il a un peu joué le séducteur latino.
Après Passe ta route et Si on dormait, il a lancé
sa première véritable ballade de la soirée, L'aveu. Au
beau milieu de la chanson, une fillette s'est présentée devant
lui, une enveloppe rose à la main. Un cadeau qu'il a accepté,
sans oublier de faire le baisemain à la demoiselle... quitte à
sauter une phrase de la chanson.
Voguant constamment entre les pièces de son premier et de son
deuxième disque, il a fait Les Filles, Pour l'amour
d'une femme, Que l'amour est violent et la bluesy Une
dernière fois encore. L'entertainer en lui n'a pu
résister à faire quelques reprises: du Elvis, quelques mesures
de AC/DC, une chanson à répondre et l'inévitable You Can
Leave Your Hat On. Encore une fois, il a montré qu'il peut
chanter n'importe quoi... et embarquer des milliers de personnes
dans son trip. En milieu de concert, il a aussi présenté
une chanson inédite qui doit figurer sur son éventuel album
américain. Une pièce pop-rock plutôt ordinaire baptisée Heaven's
Table.
Garou, en version plus rock, ça marche. Son charisme, son
cabotinage, ses sourires rayonnants et ses clins d'oeil aux
filles contribuent à faire prendre la sauce. L'heure de tombée
m'a forcé à rater la fin du spectacle (il devait faire Sous
le vent, Seul, son habituel pot-pourri R&B et deux autres
chansons en rappel), mais il semblait évident que son public
allait lui faire la fête bruyamment à la fin. Et il en sera
sans doute de même lorsqu'il présentera de nouveau son
spectacle au Centre Bell, après-demain. Le concert prévu ce
soir a en effet été reporté à lundi pour cause de fièvre du
hockey.
Auteur: Alexandre Vigneault (La Presse)
