La Derniere Heure, October 24, 2004

24 octobre 2004

Avec tout cet amour-là... (24/10/2004)

Garou a enregistré à Forest National son nouveau DVD live

BRUXELLES Des affichettes, collées sur les portes informaient ceux (et surtout celles) qui n'étaient pas encore au courant: Garou nous faisait, hier soir, l'honneur d'enregistrer son nouveau DVD live à Forest National. On était donc priés de ranger au fond des sacs à main tous les objets qui auraient pu altérer la lumière (parfaite, il faut le reconnaître) du show. Priés également de donner de la voix, histoire que le témoignage, gravé à jamais, en jette un maximum. Il n'aura pas fallu beaucoup d'efforts aux 5.800 fans agglutinés dans la moiteur de la salle pour répondre aux desiderata du grand Canadien. Précédé, pour le coup, par une toute petite Canadienne, Marilou, graine de star qui reprend Céline Dion avec une facilité déconcertante. A 14 ans à peine, elle arpente la scène comme si elle avait fait ça toute sa vie. Sûr qu'on reparlera d'elle à la sortie de son album, La fille qui chante, l'an prochain...

DVD oblige, donc, le second concert de Garou à Bruxelles se devait d'être parfait. Un petit tour chez le coiffeur, les palettes miraculeuses d'une maquilleuse et son band déboulait sur scène vers 21 heures au son d'une Prière indienne. «Je me sens chez moi», chante-t-il d'emblée. Il n'aura de cesse de le répéter, ajoutant à plusieurs reprises que, décidément, nous avons à Bruxelles le meilleur public du monde. Le genre de phrase qui, chez un autre sonnerait faux. Mais puisqu'il a décidé d'enregistrer son live ici... Comme lors de son passage aux Francofolies de Spa cet été, où il avait séduit jusqu'au plus réticents - dans les festivals, forcément, il y en a - il va puiser allégrement dans son nouvel album, Reviens, tout au long de la soirée. Sans omettre, bien entendu, les inévitables Seul, Belle ou Je n'attendais que vous. Jouant de son sex-appeal, se déhanchant façon Elvis, il charme tous azimuts, de 7 à 77 ans. Et ce n'est même pas qu'une formule. Entouré de musiciens impeccables, d'un light show de la mort et d'un joli décor où se reflète le plus souvent son image, il livre un spectacle sans bavures, pour lequel il mouille sa chemise en s'offrant un solide bain de foule. Un vrai, au milieu de la salle. Et puis, entre ses tubes, il glisse quelques morceaux qui lui tiennent à coeur. Leave your hat on, repris à Joe Cocker, Hey Jude, emprunté aux Beatles ou Everybody needs somedy to love aux Blues Brothers. Nous, c'est ce qu'on a préféré. Il serait décidément temps qu'il se mette à travailler son album en anglais...

Isabelle Monnart
© La Dernière Heure 2004